Travaux récents

Dans le silence de la nuit, pendant que le monde dort,
je crée mon armure

ARMURE rassemble des figures

tressées en cheveux : des parures qui sont aussi des défenses. Le corps apparaît, mais le visage disparaît, entre ce qui est montré et ce qui doit rester caché.
Geste hérité de la coiffure, la tresse façonne une mémoire portée sur le corps,tour à tour protection
ou fardeau. Ces présences presque lestées interrogent ce qui se joue dans le silence : la pression sourde des émotions retenues et la nécessité de sauver les apparences.

ARMURE, cheveux tressés à la main, coiffe tissée à motifs kilim, laine, atelier de l’artiste, 2026

La fabrique des privilèges

J’étais gamine et je t’observais

de dos jouer avec ta Barbie. Vos cheveux comme
une promesse que je n’avais pas reçue. Les miens
étaient coupés, courts, nets, propres. Parce que ma
crinière était trop difficile à dompter. Comme moi
d’ailleurs. Tout était lisse sur toi. En toi, je ne sais.
Et puis nous avons grandi. Je t’ai recroisée longtemps
après.

Tu n’as fait que te plaindre. De tout. Ta situation
confortable, ton mec convenable, les étrangers
détestables. Et puis tu as fini par me dire : je ne suis
pas jalouse, je suis heureuse. Mais tes larmes qui
embuaient tes yeux te trahissaient.

Tu as fini par lâcher : j’envie ton côté libre, artiste, je
ne le serai jamais. Pourquoi ? Parce que ma famille
en a décidé ainsi. Ma vie était toute tracée. Je me
suis rappelée que tu t’es servie des graines que
j’avais semées sans en payer le prix. Du mal que ça
m’a fait.

C’est à ce moment que j’ai compris pourquoi tu ne
laisses entrer que des personnes qui te ressemblent.
Claires de peau, privilégiées, installées dans votre
entre-soi. Aussi blanc que ta chevelure. Mais
finalement j’ai découvert qu’elle n’est pas lisse, elle
boucle quand elle est mouillée.

À peau de chagrin, 2026

Dans tes cheveux d’or j’y ai trouvé du plomb, 2025 – 2026 (le visible) Cheveux synthétiques blonds, foulard et mouchoir brodés (l’invisible) Laine de mouton – 80 × 80 × 60 cm (H)

Tel un oiseau libre

70 x 65 cm, Luxembourg – 2026

ll me semble

90 x 80 cm, Luxembourg – 2026

D’autres continents

90 x 80 cm, Luxembourg – 2026

Souviens-toi

90 x 80 cm, Luxembourg – 2026

Le souffle des ancêtres


Chaouis insoumis

Le mirage d’une Algérie idyllique

Cette affiche du Ministère de la Guerre propageait le mythe d’une Algérie pacifiée et soumise. Le décor exotique et les soldats en casque colonial imposaient la domination blanche comme norme unique.

Le choc du détournement: L’artiste brise ce récit par une collision temporelle et textuelle. L’ordre d’enrôlement militaire (« Engagez-vous ») devient un cri de révolte : 
« ENRAGEZ-VOUS – INDIGNEZ-VOUS DES MAUX COLONIAUX ». Le mot « indigène » est ainsi retourné en une injonction à l’indignation face aux violences de l’occupation.
Réapparition des insoumis: Par ce geste, l’affiche de propagande perd son pouvoir colonial.
L’objet de propangande devient un espace politique où les Chaouis insoumis des Aurès et les algérien.nes reprennent leur place. L’archive est décolonisée par l’art, transformant la soumission passée en mémoire de la résistance.

©Affiche coloniale dans le message est détourné par l’artiste, 2024. Œuvre composite d’après Georges Scott (1930)

Miroir du passé

Par cette relecture, l’artiste met en lumière

les biais historiques et propose une voie vers une réappropriation critique de la mémoire collective. Une installation où se déploie la dimension textile cher à l’artiste (broderies contemporaines et d’autres approches plastics innovantes). Certaine oeuvres seront présentées dans un projet futur en 2027.
En déconstruisant les symboles de cette époque, en duo avec l’intelligence artificielle, les œuvres dénoncent non seulement l’esthétique, mais aussi les structures de pouvoir qu’elle soutenait.
Se confronter à ces images du passé et repenser l’héritage culturel qui a été transmis, souvent en glorifiant une époque où seuls certains récits étaient valorisés. Par cette relecture, l’artiste met en lumière les biais historiques et propose une voie vers une réappropriation critique de la mémoire collective et pose un acte de réparation.


Finalement l’amour viancra

Romances contemporaines où les personnages aux identités fluides

et corporalités diverses, s’embrassent dans des paysages idylliques qui perpétuaient le mythe de la blancheur comme norme esthétique et sociale. Cette série prend pour base une imagerie coloniale historique, territoire de la respectabilité domestique et de l’exotisme figé. L’artiste s’empare de ces codes visuels du romantisme pastoral, cette esthétique rassurante qui véhiculait l’idéal d’une bourgeoisie blanche pour y opérer un renversement radical.
Cette collision temporelle des corps révèle l’absence historique de ces corps dans l’imaginaire décoratif occidental. L’assiette n’est plus un simple objet d’apparat, elle devient un médaillon de mémoire alternative où l’amour s’affirme comme un acte politique.


Le cycle mémoriel – 2025

La circularité de l’objet

devient ici la métaphore du cycle mémoriel : ce qui fut effacé, censuré ou criminalisé trouve un espace de réapparition. Chaque pièce fonctionne comme un médaillon de mémoire réparatrice, où l’amour devient acte politique et où l’intimité s’affirme comme territoire de liberté.
Le tracé comme résistance
Au-delà de la forme, ce sont les traits eux-mêmes qui agissent. Chaque ligne, chaque contour réinscrit sur la porcelaine ou la toile est un acte résistant. Ces tracés ne se contentent pas d’illustrer : ils recousent les déchirures de l’histoire, imposant la présence là où l’archive avait imposé le vide. Par ce geste, l’artiste transforme le décoratif en un espace militant, faisant de chaque objet un témoin actif d’une mémoire enfin mémoire enfin réhabilitée.

Prototype – work in progress, 2025