Chaouis insoumis
L’archive coloniale face à l’intelligence artificielle
Cette œuvre prend pour base une imagerie coloniale historique, territoire de la respectabilité domestique et de l’exotisme figé. L’artiste s’empare de ces codes visuels du romantisme pastoral, cette esthétique rassurante qui véhiculait l’idéal d’une bourgeoisie blanche pour y opérer un renversement radical.
Grâce à un travail de réinterprétation par l’Intelligence Artificielle, la scène est détournée de sa fonction originelle. L’IA devient ici un outil de subversion : elle permet de glisser une contemporanéité troublante au cœur de la Toile de Jouy, révélant l’absence historique de certains corps dans l’imaginaire décoratif occidental.
Dans ces paysages idylliques qui perpétuaient le mythe de la blancheur comme norme unique, les Chaouis insoumis reprennent place. Cette collision temporelle et technologique transforme le décoratif en un espace de réapparition, où l’archive est enfin décolonisée par le geste artistique.

Miroir du passé
La déconstruction opérée dans cette série en cours de recherche et production est subtile mais radicale. En déconstruisant les symboles de cette époque, en duo avec l’intelligence artificielle, les œuvres dénoncent non seulement l’esthétique, mais aussi les structures de pouvoir qu’elle soutenait. Le public est invité à se confronter à ces images du passé et à repenser l’héritage culturel qui a été transmis, souvent en glorifiant une époque où seuls certains récits étaient valorisés. Par cette relecture, l’artiste a mis en lumière les biais historiques et propose une voie vers une réappropriation critique de la mémoire collective. Une instaaltion où se déploie la dimension textile cher à l’artiste (broderies contemporaines et d’autres approches plastics innovantes). Certaine oeuvres seront présentées dans un projet futur en 2027.


Romances contemporaines – L’amour vaincra 2023/2026
Les personnages, aux identités fluides et corporalités diverses, s’embrassent dans des paysages idylliques qui perpétuaient le mythe de la blancheur comme norme esthétique et sociale. Cette collision temporelle des corps révèle l’absence historique de ces corps dans l’imaginaire décoratif occidental. L’assiette n’est plus un simple objet d’apparat, elle devient un médaillon de mémoire alternative où l’amour s’affirme comme un acte politique.






Le cycle mémoriel – 2026
La circularité de l’objet devient ici la métaphore du cycle mémoriel : ce qui fut effacé, censuré ou criminalisé trouve un espace de réapparition. Chaque pièce fonctionne comme un médaillon de mémoire réparatrice, où l’amour devient acte politique et où l’intimité s’affirme comme territoire de liberté.
Le tracé comme résistance
Au-delà de la forme, ce sont les traits eux-mêmes qui agissent. Chaque ligne, chaque contour réinscrit sur la porcelaine ou la toile est un acte résistant. Ces tracés ne se contentent pas d’illustrer : ils recousent les déchirures de l’histoire, imposant la présence là où l’archive avait imposé le vide. Par ce geste, l’artiste transforme le décoratif en un espace militant, faisant de chaque objet un témoin actif d’une mémoire enfin mémoire enfin réhabilitée.
